Harmonia

HARMONIA, “innovation” majeure dans le domaine de la gestion et du partage des compétences et connaissances notariales, s’appuie sur le concept des arbres développé entre novembre 1991 et février 1992 par la Mission sur l’Université de France confiée à Michel Serres, à la demande d’Edith CRESSON, alors 1er Ministre, formulée en ces termes :

« Pouvez-vous créer « une chose » pour permettre à chacun de se reconnaître parmi tous, en découvrant sa position et sa valeur grâce à une représentation des connaissances ? »

Les principes des arbres de connaissance ont été posés par Michel Authier, mathématicien et sociologue, et Pierre Lévy, philosophe (Paris VIII), après des recherches menées dans le cadre de cette mission.

La société Trivium a été fondée dès 1992 dans la foulée de cette mission, développant divers outils : Umap, Gingo, puis See-K, avant de disparaître.

Une première tentative d’application des arbres de connaissance au notariat avait été menée lors des travaux préparatoires du Congrès “Les Racines du Futur” (Beaune – 1999) dans le cadre d’un partenariat entre le GIE Application Notariale Informatique (GIE A.N.I.) et le Syndicat National des Notaires (UGNF-SNN).

Trois postulats fondamentaux énoncés par Michel Serres sous-tendent le dispositif.

  • Postulat 1 : « chacun sait » : du fait qu’il a vécu, tout être humain sait quelque chose ; le savoir est une dimension de l’être, indissociable de l’expérience sensible et, de ce fait, singulière à chaque individu. Cette vérité première restitue à chacun sa dignité face au savoir.
  • Postulat 2 : « on ne sait jamais » reconnaît l’impossibilité définitive du savoir absolu et total ; par ailleurs, le savoir n’étant pas stable et inaltérable, cela invite à une humilité fondamentale et au respect vis-à-vis du savoir des autres. Personne ne peut disposer de l’entièreté des savoirs qui circulent.
  • Postulat 3 : « je ne sais pas mais l’autre sait », tout le savoir est dans l’humanité : chacun apportant au savoir sa parcelle incomparable, seule l’humanité tout entière peut porter les savoirs dans toute leur diversité.

Les principes de fonctionnement du système proposés sont les suivants :

  1. Un arbre de connaissances rend visible la multiplicité organisée des richesses, savoirs et compétences portée par une communauté sans pour autant que la moyenne écrase la singularité des personnes.
  2. Un arbre de connaissances permet à un individu de se situer non par un classement à partir des performances mais par rapport à la richesse d’une collectivité (positionnement relatif). Ils peuvent pointer ce qui est commun (ce qui insère) et ce qui distingue (ce qui identifie).
  3. Les arbres de connaissances ne sont pas un référentiel de compétences : ils constatent la réalité et ne lui donnent pas de finalité.
  4. Les arbres de connaissances induisent comme fait premier la reconnaissance : c’est un dispositif de communication qui affiche les identités telles que les personnes veulent bien les faire percevoir. Chacun peut s’adresser aux autres ou être interpellé par les autres dans la mesure où ceux-ci deviennent visibles par un acte volontaire et maîtrisé. Les qualifications des personnes se définissent par rapport à un espace concret de transaction et d’utilisation. Elles ne sont pas des absolus qui trouveraient sens et utilité dans toutes circonstances, mais se réfèrent à un territoire, une collectivité humaine, un espace de vie.
  5. Les arbres de connaissances sont une cartographie qui est l’expression des expériences des individus relativement à une communauté donnée.

Après une période de latence, due principalement aux réalités économiques (disparition de TRIVIUM), le concept des arbres de connaissance a refait surface grâce à Anthony FREMAUX, initiateur et cofondateur de LIGAMEN.

Cette jeune société développe un logiciel de cartographie dynamique inspiré de la démarche des arbres de connaissances (AUTHIER, LEVY, SERRES). Le but est de rendre visible selon une vision globale la multiplicité des richesses humaines portées par une communauté d’intérêt et de reconnaître par la visualisation l’apport de chacun en son sein. L’usage de ce dispositif facilite des états de confiance, aide aux décisions et favorise la mobilisation d’équipes transverses

C’est avec Anthony FREMAUX et Pierre BERTIER de la Société LIGAMEN que le premier arbre des talents (croisant connaissances et compétences) du notariat a été mis en place et présenté par l’équipe de DIANE-INTRANOT lors du Congrès de LILLE.

Le notariat saura-t-il maintenant s’approprier cet outil et faire en sorte que l’arbre croisse et se développe jusqu’à produire des fruits ?!

 

En savoir plus :

Les Arbres de Connaissances : objet de controverse et expérimentations à suivre…Par Josiane TESSIER

Association ARBOR et SENS

Une invention comme les autres (Michel AUTHIER juin 2017)

HARMONIA – Mode d’emploi utilisateur – Saisie des données (décembre 2017)

RETROUVEZ LES DERNIERES INFORMATIONS CONCERNANT HARMONIA

Vingt ans après…

Il y a vingt ans, jour pour jour, un dimanche matin à 9h30, Michel AUTHIER prenait la parole au Congrès du Syndicat National des Notaires pour présenter aux notaires la cartographie des connaissances et...

Print Friendly, PDF & Email
0 commentaire

Focus sur les clauses d’entrée ou de sortie d’associés.

Par Anne Charvériat, membre de l’Association des avocats conseil d’entreprises et Expert auprès de la commission Statut professionnel de l’avocat du Conseil national des Barreaux. B.R.D.A., 01/03/2019, N. 5/19, P. 27 – Voir le...

Print Friendly, PDF & Email
0 commentaire

Une évocation de l’unité

Comment expliquer les fondamentaux d’un projet tel qu’Harmonia… Exposer tous les détails, façon mode d’emploi, serait le meilleur moyen de limiter l’effet d’ensemble, de contrer la philosophie profonde de l’outil que nous souhaitons mettre...

Print Friendly, PDF & Email
0 commentaire
Print Friendly, PDF & Email
0 votes
Aller à la barre d’outils
DIANE-INTRANOT

GRATUIT
VOIR